Mon fils,Je n’ai pas su te rendre heureux,
Je n’ai pas vu que tu étais malheureux,
Comment pouvais-je savoir, comment les dissocier,
Tes cris d’amour, de désespoir, je n’ai pas su t’écouter.
De toi, il me reste cet immense chagrin, cette fêlure,
Cette immonde blessure, cette profonde déchirure.
Vais-je souffrir comme tu as souffert ?
Que vais-je devenir sans nos coups de colère ?
Tu étais si souriant, tu avais tant de projets,
Où es-tu maintenant, as-tu refermé tes plaies ?
Comment survivre à la perte de son enfant ?
Comment pourrais-je vivre, je viens d’avoir cent ans.
En toi je puisais mon énergie, tu étais source de vie,
Aujourd’hui je ne suis plus rien que cet immense chagrin,
T’écrire ces quelques mots m’aident à sécher mes pleurs,
A guérir quelques maux et à exorciser mes peurs.
Mais comment te dire à quel point je t’aime,
Quels mots pourrais-je écrire pour adoucire ma peine ?
De toutes mes blessures, celle-là est la plus immonde,
Plus rien ne me rassure, je suis dans un autre monde.
Pourquoi ce geste fatal ? Jamais je ne me pardonnerais
De n’avoir pas vu ce mal qui nous sépare à jamais.
Comment vivre après ce drame ? Tous ensembles nous te pleurons,
As-tu trouvé le repos de l’âme, m’as-tu accordé ton pardon ?
Et si, et si nous avions parlé, les choses auraient-elles changées ?
Serais-je en train de pleurer, Avais-tu déjà tout décidé ?
Ton amour, tes frères et sœurs sont là qui pleurent avec moi,
Ton départ pour l’au-delà, ce voyage que tu fais sans moi.
Je t’ai donné la vie, tu m’avais donné la foi,
Tu m’as tout repris, je dérive sans toi
Dans cet océan de larmes où je finirais par me noyer,
Je déposerais les armes pour aller te retrouver.
Et dans ton paradis, seras-tu là pour m’accueillir ?
Lorsque j’aurais quitté cette vie, que j’aurais fini de vieillir.
Je te rejoindrais là-bas, et alors tout recommencera
Je te prendrais dans mes bras, plus rien ne nous séparera.